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Diabète de type 1 (DT1) révélé par une acidocétose sous anti-PD1 - 23/11/16

Doi : 10.1016/j.annder.2016.09.580 
M.-L. Gauci 1, , P. Laly 1, B. Baroudjian 1, J. Gottlieb 1, N. Madjlessi-Ezra 1, I. Madelaine 2, M. Bagot 1, N. Basset-Seguin 1, P. Boudou 3, C. Pages 1, L. Da Meda 1, J.-F. Gautier 4, C. Lebbé 1
1 Dermatologie 
2 Pharmacologie 
3 Hormonologie, hôpital Saint-Louis, Inserm U976, université Paris Diderot, France 
4 Diabétologie, endocrinologie, nutrition, hôpital Lariboisière, Inserm U1138, centre universitaire du diabète et de ses complications, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les anticorps anti-PD1, approuvés dans le traitement du mélanome métastatique, permettent d’atteindre une médiane de survie supérieure à 24 mois. Leurs principaux effets secondaires sont des maladies auto-immunes. Nous décrivons un cas de DT1 sous nivolumab.

Observations

Un homme de 73 ans, sans antécédents (notamment métabolique), sauf une dyslipidémie, était traité par nivolumab 3mg/kg/2 semaines (dans le cadre de l’AMM) pour un mélanome métastatique muté BRAF, après échec de 3 mois d’association de vémurafénib et cobimétinib. Il avait reçu en 2011, après l’exérèse d’un mélanome SSM dorsal de 2,62mm de Breslow, de l’interféron α à visée adjuvante, déclarant alors une maladie de Basedow (actuellement en rémission). À six semaines de traitement, il se plaignait brutalement de douleurs abdominales, vomissements et d’un syndrome polyuro-polydipsique.

Résultats

La glycémie était à 27,78 mmol/l (patient normoglycémique jusque là) et la bandelette urinaire retrouvait trois croix de cétone et de glucose. Une insulinothérapie permettait la normalisation de la glycémie et la disparition des symptômes. L’HbA1c était à 7,2 % puis à 8,8 % trois semaines plus tard témoignant d’une augmentation explosive de la glycémie et un contrôle difficile du diabète. Le peptide C était effondré (insulinorequérance) (Fig. 1). L’exploration biologique rétrospective sur sérothèque montrait une positivité des auto-anticorps lors de la déclaration du diabète mais aussi antérieure (J0 et 3 mois avant le début de nivolumab) (Fig. 2). La réévaluation à trois mois montrait une réponse thérapeutique, motivant la poursuite du nivolumab à la même dose.

Discussion

Le contexte clinique, les investigations biologiques avant, au moment et après mise sous nivolumab traduisent l’origine auto-immune de la maladie diabétique induite fort probablement par l’anti-PD1 chez un patient prédisposé. Dix cas de DT1 sous anti-PD1 ont été décrits dans la littérature avec une présentation clinique similaire dont un cas a montré une réversibilité du processus auto-immun. Nous montrons pour la première fois un suivi rétrospectif et prospectif du profil métabolique et auto-immun d’un patient déclarant un diabète sous anti-PD1. La présence de ces auto-anticorps chez notre patient avant l’introduction du nivolumab est à rapprocher de la situation observée au cours du DT1 de l’enfant ; ils traduisent un état pathologique infraclinique dit de prédiabète chez des sujets prédisposés.

Conclusion

Nous décrivons un nouveau cas de DT1 avec exploration métabolique et auto-immune permettant d’expliquer la genèse de la maladie sous anti-PD1. Bien que rare, cet effet secondaire doit être connu et la glycémie monitorée sous immunothérapie. La recherche des auto-anticorps pourrait permettre de dépister les patients à risque à l’introduction de l’immunothérapie et de mieux les surveiller.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Anticorps anti-PD1/PD-L1, Diabète de type 1, Mélanome métastatique


Plan


 Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : http://dx.doi.org/10.1016/j.annder.2016.10.004.


© 2016  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 143 - N° 12S

P. S365 - décembre 2016 Retour au numéro
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